Pour conclure…

Cette liste n’a pas la prétention d’être exhaustive. Il s’agirait même plutôt de quelques exemples parmi les plus dévastateurs, les nombreux petits projets étant omis. Pour transcender le tout, il manque surtout une vision globale quant à tous ces projets avec leurs études d’incidence qui s’ignorent superbement les unes les autres parce que la législation en la matière est ainsi faite et ne prévoit pas cette vue d’ensemble pourtant essentielle. Cet affairisme et les menées de personnes étrangères à la vie locale vont à l’encontre des intérêts les plus élémentaires de l’ensemble de la population spadoise qui elle en subira réellement les conséquences néfastes et irréversibles au quotidien. Les résultats de tous ces projets apparemment indépendants les uns des autres vont se cumuler pour empoisonner littéralement la vie de nos concitoyens ne serait-ce qu’en matière de mobilité dans la cuvette spadoise. Beaucoup de Spadois ressentent déjà les effets désastreux d’une mobilité débridée ou réorientée, c’est selon, alors même qu’aucun projet d’ampleur n’a été mené à terme.

Bien plus, Spa accumulera les erreurs funestes en subissant les conséquences de projets similaires à sa périphérie et dans les communes voisines cette fois. On songe ici bien sûr et en particulier, à ce « Manhattan s/Balmoral » qui est loin d’être terminé.

La déferlante automobile se manifeste déjà sur cette route de plus en plus fréquentée dans les deux sens. Mais le tsunami est pour demain : du rond-point de l’avenue Léopold II à Balmoral, à celui de l’entrée de l’autoroute A27-E42, les réalisations et projets sont légion ! On y rencontre d’abord les « Villas de Balmoral », soit 4 immeubles pour un total de 30 appartements, apparemment toujours vides depuis leur achèvement en 2018. « Le rêve commence ici » disait le slogan. Pourvu qu’il ne se transforme pas en cauchemar !

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A proximité immédiate, l’ancien « Golf Hôtel » n’en finit pas de mourir de toutes les façons possibles. Il a été détruit par un incendie criminel il y a trois ans. L’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP), la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles (CRMSF) et la Direction générale de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme de la Région wallonne (SPW-DGO4) viennent d’en refuser la démolition, voulue un peu vite par la Ville de Spa, en lui rappelant que « ce bâtiment doit être conservé en raison de sa représentativité de l’architecture liée au thermalisme de notre ville et qu’il est considéré comme une construction importante de style villégiature d’inspiration anglo-normande édifiée lors du développement du quartier de Spa-Extension, initié dès 1909. Ces institutions rappellent l’importance, dans le cadre du dossier de reconnaissance à l’UNESCO, de protéger ce type de patrimoine. »

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A l’extrémité de cette ligne droite, en face du « Chalet Suisse », la banderole du promoteur de 61 nouveaux appartements répartis dans trois immeubles nous invite à « Vivre la nature de l’intérieur ». Désolé, mais dans notre région, nous préférons vivre la nature de l’extérieur, ensemble et la partager avec tous ses autres véritables amoureux. C’est tellement plus authentique, moins égoïste et surtout moins ravageur !

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Un peu plus loin, de part et d’autre d’un immeuble a appartements déjà construit, vous remarquerez d’abord la disparition d’un bungalow au profit d’un projet de 24 à 26 appartements, et ensuite l’érection de 21 autres appartements.

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Si vous regagnez Spa via le lac de Warfaaz, 14 appartements sont encore en construction en face du déversoir, chemin du Soyeureux, et un autre projet aurait pour cadre le terrain autrefois occupé par « l’Hostellerie de la Vieille France » de bien sinistre mémoire.

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Enfin, dans le cas de Mambaye, un journaliste du « Soir » signalait même, dans l’édition du 20 août 2020, que « l’accès au domaine sera étudié de manière à impacter le moins possible le centre de Spa … ». Il ne pensait probablement pas si bien dire en utilisant ce verbe à connotation plutôt négative ! En réalité, prétendre que les vacanciers vont utiliser la route des Fontaines, par exemple, pour leurs allées et venues, c’est une nouvelle fois abuser la population spadoise en feignant d’ignorer les véritables comportements et réflexes de tous ces conducteurs qui se dirigeront tout simplement vers un centre-ville déjà engorgé actuellement pour mieux le paralyser à l’avenir compte tenu des autres réalisations en cours ou projetées!

La valse des petits détaillants ne va pas s’arrêter de sitôt. Il faudra aussi se lever tôt pour pouvoir fréquenter le centre-ville et ses commerces auxquels nous tenons … ou accepter de marcher plus mais de toute façon dans une ville saturée de véhicules ce qui n’a rien d’original et risque d’en décourager plus d’un. Beaucoup de grandes surfaces périphériques ont encore de beaux jours devant elles tandis que d’autres commerçants verront non pas des clients mais surtout des véhicules défiler devant leurs vitrines pour filer ailleurs, de guerre lasse !

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Dans ces conditions, ne faut-il pas crier « STOP BETON » et cesser immédiatement d’imperméabiliser nos campagnes et de canaliser l’eau en pure perte pour au contraire promouvoir son infiltration naturelle et prévenir de nouvelles inondations dans notre vallon ? Dans un registre connexe, Stoumont, la seconde commune de l’encore bien nommé, du moins on l’espère, « Parc naturel des Sources », a encore affronté des problèmes d’approvisionnement en « or bleu » tout récemment. Un comble !

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Michel Minet.