Réaction de l’ASBL à l’E.I.E. (2/8)

Les principales craintes ou objections des opposants

  • Avant d’enter dans le détail… Le sentiment le plus répandu c’est celui d’être étouffé par un système bien huilé rassemblant des intérêts politiques et financiers soutenus par des médias. Ces propos ne sont du tout « conspirationnistes ». Dans ce dossier, considérez d’abord le parti pris des autorités communales, ensuite la posture financière de Monsieur Dallemagne, son réseau de relations, et enfin l’engagement par les promoteurs d’un bureau de communication qui qualifie l’opposition au projet de « microscopique et démagogique ». Nous nous trouvons exactement face au schéma décrit par Hervé Kempf dans ses essais.
  • Vous remarquerez aussi tout au long de votre lecture que les motifs d’inquiétude sont plus souvent liés à la démesure du projet de village de vacances, et à ses conséquences, qu’à sa conception.

1. Le nombre de vacanciers attendus

a. Premier sujet de questionnement : A quel nombre moyen de vacanciers doit-on s’attendre sur le site ?

1000 lits confirmés. Quelque 158 logements. Taux d’occupation moyen envisagé (réunion spontanée du 22 juillet 2020) : entre 60 et 70 %. Espérer tourner à capacité d’accueil maximale est le fantasme de tout hébergeur. Mais ça n’arrive jamais.

Hypothèse 1 : une moyenne de 650 vacanciers.

Mais si « entre 60 et 70 % » représente, non pas le taux moyen d’occupation du total des lits, mais celui des maisons, sachant qu’une maison n’est pas souvent occupée au maximum de sa capacité, cela amène à revoir les prévisions à la baisse.

Hypothèse 2 : une moyenne de 500 vacanciers ?

b. Deuxième sujet de questionnement : Pourquoi le Bureau Pluris, soutenu par la CCATM, cherche-t-il à masquer le nombre de vacanciers potentiels ?

La Déclaration environnementale, rédigée par Pluris, concernant Mambaye – Hoctaisart adoptée par le conseil communal est catégorique :

Page 22 : Par rapport aux aires touristiques, le calcul des densités est sans objet et non pertinent vu le caractère non permanent et la très grande variabilité dans le temps de l’occupation des unités de résidence proposées en location. Dans ce cas, c’est l’intensité de toutes les emprises bâties qui est le critère le plus pertinent et c’est celui qui a été choisi au niveau du SOL.

Voici un « choix » qui interroge.

Ainsi, dans ce village de vacances, ce ne serait pas les humains mais les « emprises bâties » qui consommeraient de l’eau et de l’électricité. Ce serait les eaux usées et les déjections des « emprises bâties » qu’on évacuerait vers les égouts. Ce serait les « emprises bâties » qui sillonneraient la ville et la région à bord de leur véhicule. Les « emprises bâties » qui promèneraient leur chien, avec ou sans laisse, dans la forêt de Mambaye. Ces cris qui proviendraient de la piscine ? Ceux d’une fraction jeune des « emprises bâties » !

Pourtant, les promoteurs, eux, ont bien dû faire leurs comptes. Un financier de haut vol comme Monsieur Dallemagne se prépare-t-il à investir des sommes aussi importantes (1000 lits / 158 logements / la voirie / l’égouttage / les parkings / la piscine / l’horeca / les 50 nouveaux emplois…) sans une étude de marché sérieuse ? Qui d’ailleurs engagerait des millions et des millions d’euros, à moins qu’il s’agisse de subsides non-remboursables, sur un projet au caractère non permanent et à la très grande variabilité dans le temps de l’occupation des unités de résidence proposées en location ?

« Emprise bâtie », « emprise au sol », pourquoi cet entêtement à refuser d’accepter que ce sont des humains qui remplaceraient des humains de week-end en semaine, ou de semaine en week-end, ou de semaine en semaine, et le jour comme la nuit, dans ce village de vacances?  Leurs noms changeraient, la durée de leurs séjours varierait, le taux d’occupation des maisons de vacances, en fonction des saisons,  également. Mais les besoins, eux, demeureraient : chauffage, alimentation en eau, en électricité, ravitaillement, évacuation des eaux usées, des déchets, espace vital, espace de circulation, de parking… pour 500/650 personnes en moyenne. Et ces besoins s’additionneraient tout naturellement à ceux des résidants permanents des alentours. Pourquoi ne pas jouer franc jeu ? Ces écrans de fumée à répétition génèrent inévitablement de la méfiance et de l’agacement.

Toutefois, quand il s’agira d’évaluer honnêtement les impacts potentiels de la fréquentation du site (au sens large) par des vacanciers, il conviendra de garder à l’esprit que leur nombre, en période dense, peut osciller aux alentours de 800 (nombre évoqué par les promoteurs le 26 novembre). Quand on construit une digue pour se protéger des inondations, ne la conçoit-on pas pour contenir le niveau de crue le plus élevé ?

Toutes ces estimations sont à mettre en regard du nombre de personnes habitant actuellement à proximité immédiate du Domaine de Mambaye : une soixantaine tout au plus, haut de la rue de Barisart compris. La proportion habitants/vacanciers explique en bonne partie la sensation d’envahissement évoquée plus haut. Et, même si nous glissons un peu hors sujet, il doit être dit que la possibilité ouverte par le SOL de construire sur les parcelles appartenant à Spa Monopole de 110 à 120 maisons a, elle aussi, contribué à susciter cette désagréable sensation.

2. Les répercussions sur le milieu forestier

a. Par rapport aux impacts à redouter, la « déclaration environnementale » légitimise l’implantation du village de vacances notamment par la décision d’une instance spécialement concernée : le Pôle Environnement.

Voici un extrait de l’ « Avis » de cette instance daté du 2 mai 2019 (le soulignement est de notre fait)

1.2. Avis sur le projet de schéma d’orientation local (SOL)

Le Pôle Environnement remet un avis favorable sur le projet de schéma d’orientation local dans la mesure où les recommandations de l’auteur et les remarques du Pôle ci-dessous sont prises en compte.

Au vu de la présence, au sein et à proximité du périmètre du SOL, du site Natura 2000 BE33031, il convient de prendre toutes les dispositions nécessaires afin de limiter au maximum les impacts du projet sur les habitats et espèces d’intérêt communautaire. A cet égard, le Pôle estime que le nombre d’unités de logement (± 165 unités de logement) prévues dans le « village de vacances » au sud du périmètre est trop élevé.

Voici comment Pluris retranscrit ces propos à la page 3 de la « déclaration environnementale » (le soulignement est de notre fait):

Le Pôle Environnement émet un avis favorable en date du 2 mai 2019 sur le projet de SOL dans la mesure où les recommandations de l’auteur sont prises en compte, dont tout particulièrement: 

-limiter au maximum les impacts du projet sur le site Natura 2000 présents au sein et à proximité du périmètre du site, quitte à réduire l’ampleur du « village de vacances »

> voir 6.1.1 et 6.1.3. De plus le volet hôtelier du programme touristique a été supprimé.

  • les impacts du projet sur le site Natura 2000 présents au sein et à proximité du périmètre du site, Que faut-il comprendre ?
  • quitte à réduire l’ampleur du « village de vacances » ?Le Pôle environnement n’écrit-il pas, on ne peut plus clairement, que le nombre d’unités de logement (± 165 unités de logement) prévues dans le « village de vacances » au sud du périmètre est trop élevé? Passer de 165 à 158, tout en conservant le nombre de lits initialement annoncé, peut-il être considéré comme le signe du respect de cette condition à l’avis favorable du Pôle ?
  • > voir 6.1.1 et 6.1.3 ? Située à cet endroit du texte, cette mention laisse à penser que la réduction du nombre de logements est présentée à ces références dans le SOL. Or, il n’en n’est fait aucune mention. Et pour cause : lors de la RIP, il a été confirmé que le projet de village de vacances comportait 158 unités de logement, soit 137 maisons, 13 appartements et 8 cabanes dans les arbres.
  • De plus le volet hôtelier du programme touristique a été supprimé. Le Pôle environnement ne fait état du volet hôtelier à aucun endroit de son texte.

Deux questions essentielles se posent maintenant :

  • Sur le point précis de la protection des sites Natura 2000, peut-on considérer que les remarques du Pôle Environnement ont été prises en compte ?
  • Puisque « l’avis favorable » du Pôle Environnement a été émis dans la mesure où … les remarques du Pôle ci-dessous sont prises en compte, doit-on encore estimer cet « Avis » comme valide ?

b. L’éclairage d’une actualité récente

  • 17/10/2020 : AYWAILLE ; site Internet www.lameuse.be/ : article signé : Allison Mazzoccato

Titre : Trop de monde au Ninglinspo : c’est la catastrophe : il n’y a désormais plus d’animaux.

« Depuis plusieurs mois, à Aywaille, le Ninglinspo souffre d’une importante surfréquentation. À tel point que les autorités communales ont dû prendre un arrêté. Les conséquences sont graves, puisque les animaux ont désormais quitté les lieux! Pour le DNF, il n’y a pas 36 solutions: il faut désormais laisser la nature reprendre ses droits. »

  • 8/11/2020 : JALHAY : SUDINFO : article signé Victoria Marche

Extrait :

« Les promeneurs sont partout ce week-end. Les Fagnes et les lieux de promenade de la région verviétoise ne font pas exception. À certains endroits, l’affluence est telle qu’on a dû demander à la police d’intervenir. C’est le cas à Jalhay où le bourgmestre s’inquiétait du nombre de personnes venues se promener au pont de Belleheid. Il a envoyé la police sur place. »

  • 8/11/2020 : BOUILLON : SUDINFO Edition Luxembourg : article signé C.G.

Extrait :

«Trop, c’est trop»: scandalisé par l’afflux de touristes, le bourgmestre de Bouillon demande à la police de patrouiller dans les bois. »

  • La présence d’un nombre de vacanciers aussi important, au cœur de la forêt de Mambaye et en lisière de deux zones Natura 2000, ne présente-t-elle pas un risque de sur-fréquentation et, partant, de dommages au milieu naturel ?
  • La Position du DNF n’évoluerait-elle pas en raison de ces phénomènes récemment observés ?

Fin de la partie 2