Réaction de l’ASBL à l’E.I.E(*) (1/8)

(*) Etude d’Incidences Environnementales: elle évalue l’impact d’un projet sur l’environnement au sens très large. L’Immobilière de Mambaye S.A. a présenté son projet de village de vacances lors de Réunion d’Information Préalable (RIP), les 26 et 27 novembre. Tout citoyen disposait ensuite de quinze jours pour faire parvenir ses observations et questions au Collège.

Le bureau AUPA a été désigné pour élaborer cette E.I.E. et il devra y intégrer les observations des citoyens et répondre à leurs questions: c’est une obligation légale. Il proposera également des solutions pour réduire les impacts négatifs du projet. Mais l’E.I.E. restera un outil d’orientation destiné à aider les autorités compétentes à prendre les bonnes décisions.

Observations et questions présentées dans le cadre de l’étude d’incidences environnementales du projet de village de vacances déposé par l’Immobilière de Mambaye S.A.

11 décembre 2020

Structure :

  1. Etat des lieux des dispositions d’esprit
  2. Principales craintes des opposants
    1. Nombre de vacanciers attendus
    2. Répercussions sur le milieu forestier
    3. Impact sur la mobilité en centre-ville et dans les quartiers sud
      • Extrait du procès-verbal de la réunion du Conseil communal du 10/09/2020
      • Deux sujets d’étonnement
      • Recommandations du SOL
      • Informations complémentaires de la « déclaration environnementale »
      • Sécurisation des déplacements en « mode doux »
      • Sens unique rue de Barisart ?
      • Traversée des parcelles dont Spa Monopole est propriétaire ?
      • Stationnement en centre-ville
    4. Pour conclure

N’aborder sa participation à l’étude d’incidences environnementales qu’en se limitant aux aspects techniques du dossier « village de vacances », n’aurait aucun sens. En effet, les quelque 20 mois qui se sont écoulés depuis le début de l’enquête publique concernant le SOL « Mambaye – Hoctaisart » sont constellés d’écrits, de paroles, d’actes, mais surtout de profonds silences qui ont radicalisé les positions et contribué à créer un climat d’animosité, c’est le moins que l’on puisse dire, entre les principaux protagonistes de ce projet. Il est difficile d’y voir clair, d’imaginer comment rapprocher les points de vue, et à fortiori d’espérer progresser si on fait l’impasse sur cet état de fait. C’est pourquoi nous nous proposons d’établir un état des lieux modeste et certes incomplet.

A. Etat des lieux des dispositions d’esprit :

Les promoteurs :

  • Estiment que les critiques « des riverains » ne ciblent que leur projet (voire leurs personnes) épargnant les autres projets immobiliers à Spa. Ont été choqués par la forme qu’a pu prendre l’expression de certaines de ces critiques.
  • Regrettent qu’aucun représentant de la Ville ne soit apparu à leurs côtés sur le terrain malgré les vifs encouragements reçus des autorités communales pour mener à bien ce projet de village de vacances. Ils estiment par ailleurs que les déclarations de Madame la Bourgmestre et de Monsieur l’Echevin de l’Environnement lors de la séance du Conseil communal du 10 septembre 2020 constituent un engagement ferme à résoudre le problème évident de mobilité sur le trajet village de vacances – centre-ville. Ils estiment aussi que le coût des travaux requis devrait être supporté par la collectivité pour deux raisons : d’abord, la rue de Barisart n’a plus connu depuis 50 ans d’aménagements, au contraire des autres accès au centre-ville ; la Ville bénéficierait de retombées financières évaluées à 2 000 000 €/an une fois le village de vacances opérationnel. Ces sommes pourraient absorber le coût des aménagements souhaités. Jusqu’à présent les autorités communales n’ont pas marqué leur accord. Au contraire.
  • Déplorent les délais longs et inévitables pour permettre aux futurs responsables de l’étude annoncée de déposer un rapport crédible.
  • Se plaignent : ils sont montés au feu en compagnie de Spa Monopole, mais se retrouvent actuellement isolés.
  • Ressentent une urgence encore plus grande à voir évoluer leur dossier vu l’impact profond de l’épidémie sur leurs activités actuelles.
  • Rappellent qu’il existe pour eux des alternatives à la création du village de vacances (vente du foncier, lotissement(s), accueil de demandeurs d’asile). Mais que le village de vacances reste leur option prioritaire.

Ces renseignements ont été recueillis les 26 et 27 novembre 2020, espace d’échanges dans le cadre de la RIP.

Les « riverains », le terme « opposants » est plus approprié car le mécontentement ne se limite pas aux voisins du Domaine de Mambaye :

  • Ont d’abord été surpris en lisant les affiches annonçant l’enquête publique (SOL) au printemps 2019.
  • Se sont sentis submergés, on peut dire agressés ; ils ont imaginé l’envahissement d’un lieu de vie jusque là paisible, étant donné le côté qu’ils estiment démesuré du projet de village de vacances : nombres de lits, infrastructures, plus récemment, nombre de places de parking…
  • Restent meurtris de n’avoir pas reçu la moindre marque d’intérêt ou d’empathie de la part de l’autorité communale. Lorsqu’ils s’en sont plaints via l’enquête publique (SOL) ils ont reçu via la « déclaration environnementale », page 5, la chaleureuse réponse suivante : La procédure a été respectée et selon la législation en vigueur sur base de l’article DVIII.7 § 1er du CoDT :… suivent les termes de l’article et des considérations administratives tendant à démontrer que le citoyen n’avait voix au chapitre que dans des espaces très limités de la procédure. L’essentiel étant l’affaire de diverses commissions et institutions et du pouvoir politique.
  • Restent subjugués par les erreurs, la mauvaise foi et les manipulations de données des écrits produits par le Bureau Pluris. L’exemple le plus patent de ces manipulations de données (qui, il est vrai, concerne le SOL) a fait l’objet d’une réclamation auprès de la Fonctionnaire déléguée, laquelle confirme dans un courrier daté du 26 novembre que cette réclamation « a été transmise aux services chargés de l’instruction définitive du dossier ». La lecture des pages suivantes vous donnera l’occasion de découvrir d’autres perles Pluris.
  • N’ont pas goûté une campagne de presse triomphaliste et partisane.
  • Se sont sentis confrontés à une coalition de personnes représentant les univers de la finance, des médias et de la politique. Coalition puissante, méprisante et opprimante, de laquelle il était devenu capital de se protéger et de protéger l’environnement au sens le plus large. Affronter cette coalition avec quelques chances de succès implique de trouver du renfort auprès des concitoyens, des conseils auprès d’associations de défense de l’environnement et le soutien d’auxiliaires de Justice.
  • Ne partagent pas le point de vue des promoteurs sur la franchise de leurs initiatives pour (r)établir une communication réciproque et une ébauche de collaboration.

Le document a été scindé en 8 parties : fin de la première