Est-ce cela que la ville de Spa, le DNF, etc… souhaitent ?

Comme vous le savez (cf. Avis à la population – REUNION D’INFORMATION PREALABLE A ETUDE D’INCIDENCES distribué par le demandeur ce 9 novembre 2020.), la société anonyme IMMOBILIERE DE MAMBAYE projette la construction d’un ensemble composé principalement de maisons de vacances (± 150 unités) avec différents espaces de parking en surface, d’un bâtiment multifonctionnel hébergeant les services communs au village de vacances (avec une piscine couverte, une plaine de jeux intérieure, un espace petite restauration notamment), de la rénovation du Château de Mambaye et du Château Sous les Haies affectés en appartements (± 18 unités), de voiries de dessertes et d’aménagements des abords.

Rappelons, si nécessaire, que ce projet se ferait le long du Chemin de Mambaye, en bordure du Bois de Mambaye, et à proximité d’une zone NATURA 2000.

Lors de la réunion d’information du 22 juillet 2020 dont il s’est déclaré « heureux » (Source : sa page Facebook du 23 dito), le promoteur a rappelé que ces maisons de vacances seraient d’une capacité de 4 à 12 personnes, pour un total de quelque 1000 lits. Et de préciser qu’il compte sur un taux de remplissage établi entre 60 et 70%, soit une moyenne de ± 650 personnes.

Un simulacre de concertation (nous vous invitons à relire notre article du 15 septembre 2020) s’est fait avant l’adoption du Schéma d’Orientation Local (SOL) et du Rapport d’Incidences Environnementales (RIE). Cette adoption a été décidée par le Conseil communal (majorité MR-PS contre opposition Osons-Spa et Alternative Plus) le 10 septembre 2020 et ce, malgré les lacunes et « erreurs » que ces deux documents contiennent. Adoption dans l’ignorance ou l’indifférence ? La question reste posée…

Notre 2ème alinéa reprend le site prévu pour ce projet, à savoir « en bordure du Bois de Mambaye, à proximité d’une zone NATURA 2000.

Nous nous permettons de reprendre ci-après quelques récents articles de journaux qui mettent en lumière la menace qui pèse sur le Bois de Mambaye et réitérons  la question :            

Est-ce cela que la ville de Spa, le DNF, etc… souhaitent ?

30/7/2020 : AYWAILLE : https://www.rtc.be/index.php: article signé Olivier G

Extrait : Accès restreint au site de Ninglinspo

La commune d’Aywaille a pris la décision de restreindre à nouveau l’accès au site du Ninglinspo, du nom du ruisseau qui arpente ses vallées et se jette dans l’Amblève.  « Suite à la trop grande fréquentation et aux débordements des derniers jours, le site du Ninglinspo sera fermé du 15 au 31 août. Il restera néanmoins accessible pour les habitants et résidents des communes d’Aywaille, Stoumont et Theux.« , indique le bourgmestre Thierry Carpentier sur son compte Facebook.

12/9/2020 : STAVELOT : journal l’AVENIR/Le Jour : article signé : Antoine VIDUA

Extraits :

« Du camping sauvage a été observé, comme des baignades et barbecues interdits, du tapage nocturne, des soucis de mobilité, d’incivilité. Le tout relayé sur les réseaux sociaux. » (Fabienne DETREMBLEUR (CitoyenS).

« Chaque année, nous constatons des incivilités… » (Patrice LEFEBVRE, échevin du Tourisme, LB)

« Nous ne sommes pas restés sans rien faire. Nous avons réagi à chaque fois. A Coo, nous sommes nous-mêmes descendus, accompagnés des policiers. … Concernant le camping sauvage, vous savez que quand il se fait sur un terrain privé, comme au lac de Coo, la police ne peut intervenir… (Fabien LEGROS, premier échevin, LB)

17/10/2020 : AYWAILLE ; site Internet www.lameuse.be/ : article signé : Allison Mazzoccato

Titre : Trop de monde au Ninglinspo : c’est la catastrophe : il n’y a désormais plus d’animaux.

« Depuis plusieurs mois, à Aywaille, le Ninglinspo souffre d’une importante surfréquentation. À tel point que les autorités communales ont dû prendre un arrêté. Les conséquences sont graves, puisque les animaux ont désormais quitté les lieux! Pour le DNF, il n’y a pas 36 solutions: il faut désormais laisser la nature reprendre ses droits. »

4/11/2020 : AYWAILLE : SUDINFO avec BELGA

Extrait : 

« Ce n’est pas la première fois que l’accès au Ninglinspo est restreint. L’accès au site avait déjà été limité au mois d’août et de mars dernier, en raison des mesures Covid. Pendant le premier confinement et les vacances d’été, l’endroit avait été pris d’assaut par les promeneurs, ce qui a eu par ailleurs certaines conséquences sur la faune sauvage. La DNF avait en effet constaté que les animaux désertaient le site. »

8/11/2020 : JALHAY : SUDINFO : article signé Victoria Marche

Extrait :

« Les promeneurs sont partout ce week-end. Les Fagnes et les lieux de promenade de la région verviétoise ne font pas exception. À certains endroits, l’affluence est telle qu’on a dû demander à la police d’intervenir. C’est le cas à Jalhay où le bourgmestre s’inquiétait du nombre de personnes venues se promener au pont de Belleheid. Il a envoyé la police sur place. »

8/11/2020 : BOUILLON : SUDINFO Edition Luxembourg : article signé C.G.

Extrait :

«Trop, c’est trop»: scandalisé par l’afflux de touristes, le bourgmestre de Bouillon demande à la police de patrouiller dans les bois. »

En poursuivant nos recherches, nous aurions certainement encore trouvé moult courriers de ce style.

Nous ne voudrions cependant pas passer sous silence l’article du 29/8/2020, signé Antoine VIDUA et publié par le journal L’AVENIR/Le Jour reprenant la déclaration faite par Mr Hubert DENIS, échevin du Tourisme de Malmedy (Alternative) au sujet du (avant)-projet de pont suspendu, surplombant la vallée de la Warche :

« Si l’étude conclut que ce pont amènerait pollution et afflux trop important de touristes en certains endroits, nous ne le ferons pas. »

A Spa, c’est le contraire ! Car il y aurait, tenant compte des ambitions du promoteur, l’affluence qui ne manquerait pas de se disperser dans le Bois de Mambaye – avec chien en laisse ou… pas ? – donc de faire fuir les animaux. Or, qu’il est plaisant de voir, actuellement encore, se promener dans le Parc de Hoctaisart et ses environs, jouissant encore du calme y régnant, chevreuils, brocards et chevrettes, parfois avec un faon ! Aurons-nous encore ce plaisir avec le village de vacances ? Et cette affluence amènerait également ± 300 voitures à parquer dans les environs. Alors :

Un village intégré à son environnement local, dans le cadre verdoyant du Domaine de Mambaye ?

Un village autonome en énergie et CO² neutre ?

Un village vivant, animé et ouvert sur Spa ? (3 affirmations reprises dans la présentation du projet par IDM Group)

NON, car

  • Le cadre verdoyant du Domaine a malheureusement déjà  disparu et ce qui reste disparaîtra également car remplacé par des bâtiments et/ou parkings et ce, même si le projet – soyons objectifs ! – prévoit l’une ou l’autre plantation.
  • Ce ne sera pas un village autonome en énergie et CO²  pour les raisons reprises ci-avant (voitures même avec les zones de délestage qui seraient prévues dans la surface du projet bien sûr, le  plaisir estival du barbecue en soirée à moins que celui-ci ne soit interdit vu la construction d’un espace petite restauration,  etc…). Pourquoi ne pas y ajouter une épicerie ??
  • Ce sera plutôt un village qui vivra en autarcie, avec plein d’aléas pour la faune et la flore voisines et les sentiers de promenades des environs qui eux, actuellement encore, sont respectés par des « VRAIS promeneurs » et non par des promeneurs « de passage » (voyez les quelques articles de presse susmentionnés et dont nous ne reprendrons pas ici les termes utilisés, parfois peu affables).
  • Village vivant, animé ? Quid alors des désagréments pour son voisinage direct et/ou indirect qui vit actuellement dans la quiétude et le bien-être qui l’ont fait s’installer dans le quartier et qui lui sera supprimé au bénéfice… d’un promoteur.
  • Ouvert sur Spa : dans quelle mesure la ville, ses commerces, ses thermes,  profiteront-ils de ces « touristes » vivant en autarcie, amenant souvent avec eux leurs propres provisions et ayant une piscine « sur place » ? Et, au besoin, ce seront les grandes surfaces qui seront visitées…
  • Quant à la mobilité douce : on peut toujours rêver. Descendre en ville et remonter, à pied, à vélo, fût-ce un vélo électrique ? Une fois peut-être, mais pas deux ! Et certainement pas par temps pluvieux !